Le film “Famille Savage” (2007) m’a beaucoup plu car il traite avec humour d’un conflit familial autour du sort d’un vieil homme à la santé déclinante. L’histoire se concentre principalement sur la confusion des deux enfants, un frère et une soeur, qui hésitent entre la prise en charge personnelle de leur père ou “l’abandon” au profit d’une maison de retraite. La réalisatrice nous oblige en quelque sorte à prendre parti soit pour le frère pragmatique (qui opte pour la maison de retraite) soit pour la soeur idéaliste, qui se bourre de médicaments et qui ne peut se séparer de son père. Cependant, elle délaisse le personnage du père sénile qui fait des graffitis sur les murs de sa salle de bains avec ses propres selles.

En fait en visionnant le film, je me suis davantage identifié au personnage du vieillard. Je me disais que lorsque je serais vieux, cela m’enchanterait (si je deviens gâteux) d’être dans une maison de retraite où une infirmière pulpeuse d’une vingtaine d’années viendrait prendre soin de mes parties intimes. Elle me donnerait des repas sûrement plus goûteux que ceux que je pourrais me préparer à cet âge-là. Je ne devrais plus faire le ménage, ni faire mon lit, je pourrais jouer aux cartes, à la Playstation ou regarder des matches de foot avec mes collègues du foyer et après le déjeuner, je pourrais déguster un digestif et faire une bonne sieste. Nous serions si heureux...


Cati Kaoe
Nous deviendrons tous M. Savage

Que cela nous plaise ou non, nous n’avons d’autre choix que d’accepter notre sort et il s’avère qu’une personne peut sans famille autour d’elle peut couler une vieillesse heureuse. Les statistiques montrent que la population vieillit, si bien que nous serons énormément d’anciens avec une libido débordante ayant pour objectif de passer d’agréables moments.

Bien que pour le moment, nous nous tournons vers nos enfants pour prendre soin de nous, c’est d’ailleurs ce que la réalisatrice Tamara Jenkins montre tout au long de son film. La Famille Savage est servi par une distribution exceptionnelle. Laura Linney qui interprète la fille anxieuse, mais surtout Philip Seymour Hoffman , qui joue le rôle du frère et qui se voit offrir ici sans doute le meilleur rôle de toute sa carrière depuis “Happiness “ (1997), ce film bouleversant de Todd Solondz qui dépeint le portrait du pervers le plus déplorable de l’histoire du cinéma. Ci-dessous, une vidéo sur les réflexions de Philip Seymour Hoffman durant le tournage de “Famille Sauvage”.




En parlant de vieux, la semaine dernière, Charlon Heston, s’en est allé au paradis des Républicains et défenseurs des armes à feu. Michael Moore s’est chargé de nous montrer son côté “obscur” et son patriotisme dans l’excellent “Bowling for Columbine” (2002). J’aurais peut-être mieux fait de ne pas en parler. Il mériterait d’être davantage connu pour ses rôles que pour sa personne. Qu’il repose en enfer


Traduction: Franck Cazalas

Photo triptych: Ottonnassar/flickr
Photo Caballero Verde: Susana de la calle/flickr